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Cartuja, ile déserte

Publié par Sabine Canneva le 28/05/2010

C’est au Nord de l’Ile de Cartuja, très proche du cœur historique de Séville qu’a eu lieu l’Expo 92. Une exposition universelle fait venir un nombre incroyable de visiteurs, exige des investissements considérables, et est donc une occasion unique pour toute ville organisatrice de montrer ses compétences et d’accéder au rang de ville internationale. C’est ce qui est arrivée à Séville, comme toujours pour le meilleur et pour le pire. Devenir une « grosse » ville n’a pas que des bons cotés comme tout le monde sait bien.

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Ainsi, on peut se promener sur le site où a eu lieu l’Expo qui est désormais reconverti, tant bien que mal, en technopole. Le site était vaste, un canal a même été aménagé. Des nombreux jeux d’eau font partie du décor pour rafraichir l’atmosphère, puisqu’entre avril et octobre la température peut atteindre 45°. Les bâtiments sont positionnés dans un plan simple à angle droit, coupé par des animations architecturales futuristes.

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Un petit air retro futuriste, comme au Futuroscope de Poitiers ou comme les entreprises qui ont mis dans les années 90 l’adjectif « 2000 » dans leur dénomination sociale. Ce qui faisait moderne à l’époque fait maintenant un peu ringard. On a encouragé les entreprises à s’installer ici dans un quartier d’affaires : des banques, des entreprises Hight Tec d’informatique ou d’électronique, des architectes, des télécoms, des restaurants bien entendu pour tout ce monde, des administrations, des écoles techniques en tous genres, il y a même la fondation de la Biennale d’Art contemporain de Séville.

 Depuis dix sept ans, Séville a pris son envol, elle est devenue la capitale économique, industrielle, et culturelle de l’Andalousie. Mieux, l’Andalousie est devenue une vraie région qui compte après avoir reçu des milliards d’aides des fonds européens pour combler son retard. Comme souvent, une Expo universelle est un pari : que la ville pourra être à la hauteur et qu’elle pourra en profiter pour son développement futur. La possibilité de réutiliser ultérieurement les installations est d’ailleurs souvent un critère dans le choix des candidatures.

Ici le pari n’est pas gagné. Au lieu de réorganiser sérieusement les installations dès la fin de l’Expo, on a juste muré des entrées. On devine l’entrée d’un pavillon derrière des parpaings tagués, mais on a laissé les barrières prévues à l’époque pour canaliser la foule. On peut apercevoir la jolie promenade au bord du canal à l’ombre d’une fusée spéciale. Le symbole est fort, on marche dans le futur et dans la conquête de notre planète jusqu’aux étoiles. Mais le futur est désormais ponctué d’herbes entre les dalles, le canal est vide et les escaliers sont murés. On imagine plutôt la jeunesse désœuvrée des alentours venir ici le samedi soir pour fumer des herbes illicites.

 La vie est partie avec la foule de l’Expo. Les travailleurs de ces entreprises garent leur voiture au pied du bureau et repartent très vite chez eux. Des tentatives pour préserver ces pavillons ont lieu, de même que les classer au titre des monuments historiques afin d’en empêcher complètement la démolition. Mais au-delà de ces mises sous cloche, il reste que le quartier de la Cartuja, enclavé et à l’ambiance d’un film de Tatie n’attire pas vraiment les foules. 

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Tags: Andalousie, Cartuja, Espagne, Expo universelle, Séville

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