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Chinatown au Portugal

Publié par Sabine Canneva le 20/06/2010

Dans toutes les villes, quelque soit la taille, on trouve au Portugal un ou plusieurs magasins chinois ; ils sont tous quasiment identiques : une entrée pas du tout soignée ni d’allure « commerciale », avec des articles pendus ou présentés sur le trottoir, et une enseigne en chinois et/ou en portugais. Les commerçants chinois sont réputés depuis plusieurs années pour « coloniser » absolument chaque recoin de la planète avec leur marchandise à bas prix. Ils sont aussi réputés pour vendre des « chinoiseries », des objets à des prix divisés par 5 ou 10 par rapport à une boutique européenne. Bien entendu, à ce rythme là on les soupçonne de nous vendre une piètre qualité, voire des produits dangereux.

 

Pourtant, quel étrange plaisir de déambuler dans ces boutiques, où vous finissez par ne plus savoir si vous êtes au Portugal, en France, ou encore ailleurs dans le monde tellement les produits sont indifférenciés. On trouve de tout et pour « rien ». Des bouillottes, des couvertures, des assiettes en plastique comme dans leurs restaurants, des chaussures, de la lingerie, etc, etc. Les chinois sont quand même très forts pour s’adapter parfaitement aux circonstances : même si très peu d’entre eux sont chrétiens, ils n’ont pas été longs à vendre des sapins de Noël, des guirlandes et des crèches dans leurs magasins. On a même trouvé des statues de Jean Paul II en plastique, fluorescente en option.

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Là où ils sont aussi très bons, c’est qu’ils proposent des bricoles que personnes d’autres ne vend. Allez essayer de trouver un pyjama adulte ultra chaud dans un « vrai » magasin, à moins de le payer 60 euros, ce n’est pas possible. On considère que les adultes ne veulent plus dormir avec un chat en nounours sur la poitrine, et bien il existe un marché pour cela, et les chinois, eux l’ont compris ! En fait, les Chinois n’ont pas de complexes ; seuls comptent les affaires, et tout le monde y gagne : eux, et les clients de niche du pyjama en nounours qui trouvent enfin le produit introuvable, et en plus à un prix ridiculement bas. Pour alimenter tous ces magasins, on peut voir des zones industrielles presque entièrement rachetées par la communauté chinoise où tous les entrepôts ont des enseignes en chinois, pas même traduites en Portugais.

 

Même s’il existe au Portugal une immigration chinoise ancienne liée à la décolonisation en Afrique (Angola et Mozambique), leur arrivée nombreuse est récente.

En 2001, il y avait 3.953 résidents chinois autorisés. Bien sûr, ce chiffre ne tient compte ni des Chinois qui ont acquis la nationalité portugaise, ni des personnes sans titre de séjour.

En 2007, ils étaient 9.689 (http://en.wikipedia.org/wiki/Overseas_Chinese) ce qui reste très peu comparé à la France par exemple qui compte 230 000 personnes officiellement.

 

L’immigration chinoise au Portugal ne comporte pas réellement de particularités. Il s’agit souvent de personnes arrivés en Europe par la France ou l’Espagne, et qui s’installent au Portugal en second choix. Il s’agit aussi très souvent (50%) de regroupements familiaux. Ce qui est toujours impressionnant, c’est de voir l’homogénéité de cette communauté. Dans toutes les boutiques, les enfants jouent dans le magasin, ou font leurs devoirs. Les heures d’ouvertures sont tellement larges que les gens vivent littéralement dans leur boutique. Tout le monde met la main à la pate, et à part les chiffres, peu sont capables de s’exprimer en portugais.

 

Se choquer qu’ils ne cherchent pas à parler correctement la langue du pays, et qu’ils n’adoptent pas les coutumes locales est mal les comprendre. Arrivés ici pour faire des affaires, il n’est souvent pas question pour eux de rester dans leur pays d’accueil plus longtemps que nécessaire, rentrer en Chine ou partir vers un autre pays. Rester au Portugal n’a pas forcément de sens pour eux, d’ailleurs, tous leurs contacts sont en Chine ou en France, où la communauté est beaucoup plus grande.

 

Pour aller plus loin, voici une étude du Centre d’études sociales de l’université d’économie de Coimbra : http://www.ces.uc.pt/publicacoes/oficina/241/241.pdf

Tags: Chine, Chinois, immigration, Portugal

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