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Le jardinier andalou

Publié par Sabine Canneva le 12/05/2010

Après avoir été jardinier des âmes, voilà Yves jardinier dans les oliviers. Il est français, il vivait en France où il a travaillé pour plusieurs employeurs dont quatre ans pour un jardin familial, qui s'occupait de réinsertion. L'association mettait à disposition d'une personne en difficulté financière ou sociale une parcelle de terre, ce qui lui permettait de reprendre pied par le jardinage, et de retisser des liens humains.

Qu'est-ce qu'il l'a fait partir, avec sa femme Janet, et leurs 2 enfants qui avaient 4 et 6 ans, pour aller s'installer dans un village de 25 maisons dans la montagne andalouse ? Concrètement, c'est un article lu dans un magasin anglais qui posait la question à ses lecteurs : « avez-vous pensé à vous installer en Andalousie ? », et qui mettait en vente une maison d'habitation et un gite à louer. Ils sont maintenant tous les quatre parfaitement intégrés dans ce village, les enfants étaient maintenant « andalous » !

Ils vivaient en France dans les Alpes du Sud, mais l'envie du départ et le climat décidemment trop froid les a amenés jusqu'ici. Il est vrai qu'ils sont récidivistes. Pendant une dizaine d'années avant la naissance de leurs enfants, ils ont voyagé ensemble sacs au dos en Amérique du Nord et latine, en Europe, et au Maghreb entre autres.

Partir pour devenir « soi » loin de son pays, ils ne sont pas les seuls à avoir fait ce chemin. En Andalousie, il y a une importante communauté d'Européens, anglais principalement et depuis longtemps, plusieurs dizaines d'années. Tous n'ont pas les mêmes motivations ni la même implication dans ce pays. Certains restent quelques années et repartent, on ne sait où d'ailleurs ; repartent-ils « chez eux », ou bien encore ailleurs ? D'autres s'installent définitivement, on trouve même dans les magasines de la communauté anglophone des publicités pour des contrats de prévoyance obsèques spécifiques aux britanniques, preuve que le problème se pose.

On trouve des télétravailleurs qui gardent tous leurs liens au pays, et qui souvent ne parlent pas espagnol, des artistes en mal d'inspiration et de calme, des retraités, ou des quantités de marginaux. Janet, sa femme britannique, nous raconte que leur chien vient du village des hippies à quelques kilomètres. Ces anglais, allemands ou russes vivent dans des cabanes, des maisonnettes, et même des yourtes. Quant à savoir de quoi ils vivent en plus d'amour et d'eau fraiche, ce n'est pas évident à savoir!

Qu'est-ce qui attire tant ses compatriotes dans ce coin ensoleillé, ou bien que fuient-ils en Grande Bretagne ? Pourquoi partir d'une vie qui peut être confortable pour certains pour s'installer dans une yourte à cultiver tant bien que mal des légumes sur cette terre aride ?

Trop de règles. Une réglementation précise et respectée est pourtant souvent un des critères d'un pays « développé ». Pouvoir se garer en double file, luxe suprême pour des businessmen épuisés par la vie trépidante des grandes villes. Il y a aussi la possibilité de lancer une activité sans paperasse. Bien sûr, comme en France, on doit déclarer ses revenus, constituer une société et ainsi de suite, mais Yves nous dit qu'il n'y a pas de contrôle, les petites exploitations sont tolérées. Ça lui a permis de se lancer petit à petit ; le tourisme rural avec le gite, puis le jardinage dans les propriétés privées. Comme on lui réclamait des plantes, il s'est mis à produire quelques plantes décoratives pour ses clients et pour vendre sur les marchés de temps en temps. Et enfin, on lui a confié un terrain avec des oliviers et il arrive à en tirer quelques profits de la vente d'huile. 

Vivre avec la nature pour patron, suprême liberté mais exigeante !

Tags: agriculture, Andalousie, Bayacas, bio, huile, nature, olives

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