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Peñarroya, une âme française dans les montagnes andalouses

Publié par Sabine Canneva le 25/05/2010

Peñarroya a l’air perdu dans les montagnes au nord de Cordoue en Andalousie. Pourtant elle a eu son heure de gloire et a été un centre important dans la région. La petite ville anciennement industrielle porte les traces d’un complexe minier et métallurgique qui a fait vivre la ville pendant presque un siècle entre 1881 et 1971. L’usine, construite par la société minière de Peñarroya était française. La ville a désormais sur son flanc une immense zone en ruine dont certains ont relevé l’aspect poétique. Des  anciens bâtiments industriels, des cheminées en briques rouges à moitié cassées, des voies ferrées et l’ancienne gare désaffectée.

Lors du départ des Français, tout a été vendu à une société qui a démantelé une partie des installations. Depuis tout est en l’état, des chèvres viennent brouter l’herbe, et on imagine les enfants du village s’aventurer dans ces ruines au risque de s’y blesser. Les dirigeants et ingénieurs étaient tous français, comme certains ouvriers directement venus des zones minières du Nord de la France. Ils ont laissés durablement leur marque. Le Sud andalou, très agricole et très pauvre à l’époque bénéficiait grâce à ce complexe des avancés technologiques uniques dans la région. Dans ce pays encore très rural, les Français ont apporté un vent de modernité avec eux ;

Alberto Diaz Villasignor Cabrera, professeur au lycée public Alto Guadiato, et fervent défenseur de l’histoire française de ce lieu nous parle des changements que cette longue présence française a apportés ici.

« Peñarroya a gardé une mentalité un peu plus cosmopolite. On s’est ouverts. On a toujours le souvenir d’une époque qui était très florissante. Peñarroya était le joyau de l’industrie espagnole du Sud. On peut la comparer avec celle de Barcelone à l’époque, depuis la fin du 19e au années 1950. Il y avait beaucoup d’innovations. Par exemple, du coté social, les femmes travaillaient cote à cote avec les hommes ce qui était très original et très rare à l’époque. La compagnie était très paternaliste, c'est-à-dire qu’elle se souciait des ouvriers. Il y avait une sorte de supermarché pour les ouvriers à prix réduit. Le premier cinéma de la localité s’est installé ici. Les modes venaient directement de Paris parce qu’il y avait une colonie importante de 300, 400 personnes ici qui étaient riche bien sûr, et qui demandaient des choses qui venaient directement de France et de Paris. Les nouveautés arrivaient en même temps à Madrid et à Peñarroya. Le sport également, le tennis, l’équitation, activités d’une société importante, va servir de modèle au reste de la population qui regardait ça avec envie, comme la musique, ce qui a beaucoup influencé la population de l’époque. »

Comme les français étaient nombreux, une école française a été créée par les sœurs de la Présentation de Marie qui peuvent réaliser leur vocation d’éducatrices en Espagne, alors qu’au même moment, leur congrégation est supprimée en France. Depuis, la tradition de l’enseignement en français se poursuit au lycée public Alto Guadiato avec un cursus en partie bilingue. Certains cours sont en français comme les sciences sociales, les mathématiques et les sciences naturelles pendant toute la scolarité.

Mais les Français ne sont pas restés ici, ils sont partis en 1971. Certains ont été enterrés dans le cimetière de Peñarroya, dont leurs tombes sont rédigées en Français, chose rare en Espagne. Quelques descendants des familles mixtes entre des français et des espagnoles sont toujours ici, mais ils sont très peu nombreux.

Alberto Diaz Villasignor Cabrera nous le confirme : « Il y a très peu de descendants ici maintenant dans la localité. Ce qu’on peut trouver, mais ils sont assez âgés, ce sont des descendants des familles mixtes plutôt, parce que des descendants de Français il n’y en a pas. Les français pour la plupart sont partis au début des années 1970. »

Son blog en français bien sûr, en partie du ce sujet: http://rocherouge2.blogspot.com/

Tags: Andalousie, industrie, Metaleurop, mines , Peñarroya

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