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Que reste-t-il de la « foi en la découverte » ? La statue de Huelva

Publié par Sabine Canneva le 02/06/2010

DSC_0266.JPGAprès une longue route devant des installations industrielles chimiques et portuaires de Huelva, on arrive dans une très courte oasis de verdure pour voir une statue surprenante. On l’appelle ici la statue en l’honneur de Christophe Colomb. En effet, c’est d’ici, à l’extrême sud de l’Espagne et à la frontière avec le Portugal, qu’il s’est embarqué pour un voyage de découverte qui l’amènera sur un nouveau continent. On a posé la statue monumentale juste au croisement des bras du Rio Odiel, presque les pieds dans l’eau, devant une presqu’ile elle aussi industrielle. La statue est alors perdue dans les installations du port, sans possibilité de la voir avec le recul nécessaire à croire qu’on l’a posée là par manque de place ailleurs.

De loin, on dirait presque une femme avec un voile sur la tête et une traine, mais l’allure guerrière et anguleuse du visage ne laisse plus de doute : c’est bien un homme décidé à qui on a affaire. Il tient dans les bras une sorte de croix ou un poteau assez mystérieux.

 

Christophe Colomb est la fierté de Huelva et de Palos de la Frontiera, petite bourgade où il a passé plusieurs semaines pour préparer son voyage. Il est donc logique que Huelva lui rende hommage. Toutefois, ce monument n’est pas dédié à sa personne mais en « la foi en la découverte ». C’est le titre officiel de la statue, et d’ailleurs, cet homme est tellement stylisé qu’on peut difficilement affirmer qu’il s’agit de Christophe Colomb. En regardant de plus près les bas-reliefs autour du socle de la statue on est un peu décontenancé :

- Deux déesses égyptiennes, DSC_0284.JPG 

- des Saints stylisés à la façon romane,DSC_0292.JPG

- une femme et un homme de la période de Colomb DSC_0290.JPG

 

Après quelques réflexions, je me dis que ces bas reliefs retracent de façon expéditive les grands traits de l’histoire avant cette découverte qui changea, il est vrai, la face du monde: les égyptiens, la période romane, et Isabelle de Castille qui a financé l’expédition .

 

La suite de l’histoire est également retracée :

- des indigènes nus, DSC_0288.JPG

- peut-être des esclaves noirs DSC_0281.JPG

Et trois autres difficilement lisibles.

 

Après quelques recherches, mon intuition était donc la bonne ; selon un document publié dans un journal au moment de l’inauguration le 27 avril 1926:

 

" Ce grand marin est représenté debout, et tourné vers l'océan, tenant dans ses bras, une croix gigantesque. Un beau symbole par lequel le statuaire, a sans doute voulu signifier le don splendide de la civilisation chrétienne apportée par Colomb à la terre nouvelle".

 

Le « sans doute » laisse justement planer le doute, mais la mentalité de l’époque le lève (le doute). La mort de millions d’indigènes par les maladies et quelques guerres, l’esclavage d’Afrique pour exploiter les richesses de l’Amérique, tout cela n’est pas qu’un don splendide.

 

Cette statue a été sculptée par Gertrude Vanderbilt Whitney. Fille d’une riche famille Newyorkaise, elle a 25 ans lors du nouveau 20e siècle. Elle se passionne pour l’art, dont elle sera mécène et artiste elle même. Elle voyage en Europe et à Paris, elle fréquente Rodin et ses disciples, en fait le tout Paris de la sculpture de l’époque Gertrude se trouve dans la lignée des années 1920, une sculpture qui voit naitre le cubisme, le futurisme, ode à la machine ; on a alors foi justement dans le progrès et l’avancée de l’humanité. Elle est aussi l’auteur d’un mémorial aux victimes du Titanic.

 

Cruel destin que ce bateau, comme la fascination pour les grandes découvertes, alors qu’il était le fleuron de la modernité et du progrès, il s’est révélé être une catastrophe.

Tags: Christophe Colomb, colonisation, découvertes, Huelva

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