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S. Vincete d’Albuferia : du Portugal au Japon

Publié par Sabine Canneva le 31/05/2010

A Albufeira au Sud du littoral portugais, que la jet set fréquente en masse l’été, au détour d’une rue pas très loin de la mer, on tombe sur une petite église blanche avec un portail élégant comme elles sont légion dans cette région. Le soleil quasi perpétuel, les dizaines de plages, les hôtels immenses, et le niveau de vie qui a été longtemps très bas par rapport au reste de l’Europe a fait d’ici une usine à touristes au milieu de ravissantes ruelles blanches. Cette petite église a été transformée en mini musée où une quinzaine d’objets sont présentés, des objets liturgiques assez banals et quelques jolies statues. Une petite salle a été réservée à l’enfant du pays : Vicente Simoes de Carvalho, encore appelé Vincente de Santo Antonio. Dans ce carrefour touristique, il est touchant de penser qu’au 16e siècle, un jeune du pays est parti au bout du monde pour être missionnaire !

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Né en 1590, il devient prêtre de la congrégation des Augustins Récollets. Cette branche de l’ordre religieux des Augustins vient alors d’être créée dans la région de Tolède en Espagne et a comme idée de revenir à la pureté des origines. Leur vocation est l’enseignement et les missions d’autant que les grandes découvertes viennent d’avoir lieu, la terre s’est soudainement  agrandie. Le jeune Vicente part vers ces nouveaux horizons, au Mexique d’abord, puis au Japon en 1623. Il participe ainsi à la suite de François-Xavier, qui y a débarqué en 1542, à une entreprise d’évangélisation passionnante mais ardue. Les Jésuites et à leur suite les missionnaires d’autres familles spirituelles déploient des efforts d’adaptation et de traduction pour tenter de transmettre le message chrétien à une culture qui ne les accueille pas si facilement. Surtout, le pouvoir politique voit d’un mauvais œil qu’on empiète sur ses prérogatives religieuses. Le Japon est un pays lettré qui a une longue histoire philosophique et religieuse derrière lui. Les missionnaires ne peuvent se contenter de prôner le message chrétien, ils doivent argumenter dans la langue locale et se faire comprendre à partir des concepts japonais. Des études poussées sont menées, une grammaire est écrite, des écoles et des séminaires sont ouverts pour former le futur clergé japonais.

 

Mais en 1614, les chrétiens sont considérés comme un danger pour le pays et la persécution commence. Nagazaki au Sud du pays est le dernier bastion chrétien. Dès leur interdiction, un certain nombre de missionnaires jésuites portugais sont chassés du pays même si certains tentent de rester dans la clandestinité. Jusqu’en 1638, c’est toute la communauté chrétienne qui est décimée méthodiquement dans un bain de sang. Le Japon se ferme pour plusieurs siècles, jusqu’en 1868 où commence l’ère Meiji, la réouverture du pays au reste du monde. Des milliers de chrétiens ont été tués et parmi eux plus de 600 ont été béatifiés par le Vatican.  

 

Vicente sera martyrisé lui aussi le 3 septembre 1632 à Nagazaki en compagnie d’autres missionnaires portugais, espagnols, mexicains et japonais. Il a été béatifié en 1867 par Pie IX.

 

Depuis, l’extrémité ouest du continent européen à quelques kilomètres d’Albufeira a été baptisé cap San Vincent en son honneur. De là on ne peut qu’être tourné vers la mer et les autres continents. 

Tags: Albufeira, japon, missionnaire, Portugal, San Vincete

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