Les Portugais et la morue, c’est une longue histoire, comme les Français et les cuisses de grenouille ou la baguette. On va vous dire au Portugal que bien sûr, les Portugais ne mangent pas de morue tous les jours, pourquoi pas non plus au petit déjeuner pendant que vous y êtes.
Et d’ailleurs, ils ont bien raison de manger de cette saine morue, et en particulier sa fameuse huile, souvenir si impérissable aux enfants à la santé fragile il y a quelques générations.
Pourtant, il n’y a qu’au Portugal, et dans le Nord de l’Espagne qu’une odeur curieuse vous prend au nez dans tous les supermarchés au rayon boucherie/poissonnerie : des montagnes de morues salées et séchées empilées entre le rayon poissonnerie et boulangerie. On finit par s’y faire au bout d’un moment. L’aspect étant quelque peu curieux, il n’est pas facile de savoir de quelle façon se mange la bête.
La morue est aussi appelée Cabillaud, et sous cette appellation, elle parait moins portugaise, et fait moins penser à cette horrible huile dont on gavait les enfants. En portugais on l’appelle bacalhau, et il existe quelques centaines de recettes pour la cuisiner : en gratin, cuite à la vapeur, grillée, il y en a pour tous les gouts. En effet, la morue a des qualités nutritionnelles « quasi exceptionnelles » (selon le site Portugalmania, site de Portugais de France :
http://www.portugalmania.com/gastronomie/bacalhau.htm)
La morue contient plus de protéines que toutes les viandes courantes (bœuf, mouton, porc, poulet) pour presque pas de graisses. La morue n’est pas encore à la mode dans les régimes amaigrissants des jeunes citadines branchées, mais cela ne saurait tarder.
Mais pourquoi donc les Portugais sont quasiment les seuls à profiter de ce produit miracle en Europe ? Et bien, la morue a participé aux grandes découvertes qui ont changé la face du monde à partir du 15e siècle, rien que ça.
En effet, les voyageurs portugais étaient des navigateurs hors pairs, capables d’aller très tôt jusqu’au nord de l’Europe où ils péchaient ce poisson encore abondant à l’époque. Ils ont découverts qu’il était possible de le saler et de le faire sécher, en conservant ses qualités nutritives pendant très longtemps. Voilà le dernier élément qui a permis d’envisager des expéditions au long cours alors que jusque là on était incapable de conserver de la nourriture si longtemps. La morue a participé à la conquête du monde…
Comme nous sommes dans un sujet « léger », je ne résiste pas à vous indiquer l’adresse de la Désencyclopédie, odieux pastiche du sérieux wikipédia, qui alimente tous les plus bas et vils préjugés. Celui sur le Portugal est mémorable !! J